Le Prieuré Saint-Géry * / Vincent Gardinal

Dimanche matin… A l’heure où tout le monde se laisse tenter par une petite grasse mat’, nous on se met déjà en route car on a un petit bout de chemin à faire. Rendez-vous au fin fond du Hainaut, presque à la limite de la frontière française, pour y découvrir la cuisine du chef Vincent Gardinal à l‘Hostellerie du Prieuré Saint-Géry. Ce restaurant, qui existe d’ailleurs depuis 24 ans, est quasi LA référence gastronomique de la région. Une première étoile au Michelin en 1996, une note de 18/20 au Gault & Millau et le titre de chef de l’année en 2006. La réputation de l’endroit n’est clairement pas à (re)faire et il me tarde d’y emmener ma meilleure amie.

L’endroit est ravissant. Récemment rénové, on nous installe dans un petit salon élégant à l’étage du bas. Les lieux sont divisés en plusieurs espaces de dégustation, permettant aux grands groupes de manger à leur aise tout en laissant d’autres petites tables dans une atmosphère plus calme. Autant je trouve notre coin salon ( avec petits coussins dodus pour le dos ) bien sympa, autant j’adore les petites tables individuelles dans le couloir qui donnent vue sur le jardin. Les séparations semi-transparentes entre chaque table confère un petit côté intimiste plus agréable aux petits couples. Je les jalouse un peu… 

Nous nous laissons emporter par la ‘ promenade gourmande ‘, le menu en 6 services ( techniquement 7 car à la carte on remarquera qu’il y a des desserts, au pluriel donc ). Avant même que le menu ne commence, les mises-en-bouches donnent clairement le ton que prendra le restes du repas. Un petit espuma d’huître avec un guacamole de pomme verte m’étonne, moi qui d’habitude n’aime pas ça ( les huîtres hé ^^ ). Un sorbet au concombre et gin me rafraîchit le palais avant de terminer sur du jambon de bellota accompagné d’un caviar de poivron rouge.

Alors que je termine ma coupe de Ruffus ( petit mousseux wallon de qualité dont le vignoble se trouve près de Binche ), on nous apporte notre premier entrée. Une petite coquille Saint-Jacques bretonne simplement snackée, accompagnée d’un crémeux de parmesan/topinambour, de truffe noir du Périgord et d’un lait de champignons. J’ai fait l’effort de manger ma Saint-Jacques, mais l’ensemble était tellement fondant et crémeux que ça passe tout seul.

Petit verre de vin blanc ( un Graves – Chateau Calvimont 2015 ) et voilà notre langoustine associée à de la mangue et du navet boule d’or. Le plat est saucé d’un jus coco/curry/citronnelle à tomber. Une fois la sauce servie, celle-ci est laissée à table pour notre plus grand bonheur. Je ne manquerai pas d’en reverser dans mon assiette, par pur gourmandise. Cet entrée restera notre plat préféré du menu, même si le reste fut tout aussi agréable et goûteux.

Avant de passer au plat principal ( de l’agneau de Corrèze avec des choux de Bruxelles, salsifis et jus corsé ), on nous sert un filet de sole, de l’émietté de crabe et déclinaison de choux. Une association plus classique, mais toutefois très agréable.

Le chef nous transporte tout au long de cette promenade gourmande. Des produits nobles, presque de luxe, travaillés avec précision sans pour autant en ‘surfaire’. De l’excellence des produits alliée aux savoir-faire du chef à fin d’obtenir une finesse imparable dans l’assiette. On est loin de mes habitudes, au sens propre comme au figuré. Moi qui aime en général des cuisines plus natures ( telle que Bouchéry, La Buvette,… ), je suis agréablement surprise par cette cuisine certes classique mais magnifiquement mise-en-scène.

La gourmandise est un vilain défaut, on le sait. Et même si j’ai l’habitude des long repas, je commence à caler un peu… Mais comment résister à ce chariot de fromages, qui compte quand même 54 pièces différentes! Un premier plateau pour une sélection exclusivement belge et en dessous on trouve du français, de l’anglais,… Je reste subjuguée par la connaissance de la serveuse, qui m’explique dans les moindres détails les fromages que je choisis. Trois petits fromages belges, c’est de la gourmandise raisonnable et raisonnée. En accompagnement, j’ai droit à du pain toasté aux noix ainsi que des fruits ‘confits’ dans un sirop d’épices fait par le chef ( il y a des dattes, des abricots, des figues,.. ). J’aimerais tellement pouvoir m’attarder plus sur les fromages, mais je réserve le peu de place qu’il me reste encore pour les desserts. Au pluriel.

On termine sur deux touches plutôt légères, bien que différentes en tout point. Le premier dessert est une déclinaison d’agrumes, panna cotta de vanille et gelée de Campari. C’est frais, c’est doux, c’est acidulée. Un ensemble bien rafraîchissant après ce long repas. Le deuxième sera chocolaté ; brownie et mousse de mascarpone sous laquelle se cache une sphère de chocolat qui une fois brisée déverse un coulis léger de chocolat. Je ne suis pas fan du chocolat en fin de repas, toujours trop lourd comme note finale, mais ici on a plus l’impression de manger un petit nuage tout velouté. Un autre chariot ne tardera pas à pointer le bout de son nez, celui des mignardises, et je lui offre vraiment le dernier petit millimètre d’estomac qu’il me reste. Cinq heures après notre arrivée, je peux dire que je suis/repars repue ( et je ne suis pas la seule ^^ )

Que ce soit dans les petits détails ( comme les petits pains servis encore chaud à table ou bien les sauces laissées à tables pendant le repas ) ou les moins petits ( par exemple la taille gargantuesque du irish coffee, réalisé en salle ), je n’ai rien à redire sur mon passage au Prieuré. Et que ce fut un joli plaisir de pouvoir découvrir ( et faire découvrir ) la cuisine de Vincent Gardinal le temps d’un dimanche…


L’Hostellerie Le Prieuré Saint-Géry *  – Restaurant Gastronomique

9 Rue Lambot, 6500 Beaumont
071 / 58 97 00 – Site Web

Fermé le lundi, mardi ainsi que le jeudi et samedi midi

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