Notos / Constantin Erinkoglou

En temps normal, vous ne me verrez quasi jamais dans un restaurant grec ( la dernière fois date d’il y a plus de 4 ans ^^ le Strofilia au centre-ville, bon souvenir mais cher à deux  ). Tout d’abord parce que je n’ai qu’à rendre visite à ma gentille yaya ( ma grand-mere grecque ) pour manger de bons petits plats de là -bas et puis surtout parce que c’est toujours d’un cliché les restos grecs que rares sont les fois ou j’ai bien mangé . Néanmoins, je reste une bonne épicurienne et il ne m’en faut parfois que peu pour que ma curiosité gustative soit titillée et me pousse à faire des choses que je ne ferais pas ; pour le coup, s’est de me rendre chez un grec.

Bon, j’avoue, pas n’importe lequel. C’est chez Constantin Erinkoglou, charmant chef propriétaire du Notos, qu’on se retrouve le temps d’un lunch en avril dernier. Nous avions eu le plaisir de découvrir cette jolie adresse il y a quelques mois, le temps d’un moment de partage avec d’autres amis blogueurs. Une occasion unique, plus de 20 ans de metier, ainsi qu’un plat unique ( une moussaka à tomber qu’on ne trouve pas à la carte, mais qu’il est possible de réserver – ouf! ) nous avait laissé un joli souvenir.. Mais bien trop éphémère! Alors, à l’approche de la Pâques Grecque, ma cousine et moi-meme nous y sommes retournées, histoire de (re)découvrir un peu plus cette cuisine qui nous est tellement familière.

Familière oui, mais je me rend bien vite compte qu’on est loin de mes habitudes culinaires estivales liées aux années de vacances passées en Grèce. Je reconnais bien des saveurs, mais les plats ne ressemblent pas à ce que l’on mangeait dans mon petit village. La cuisine qu’on retrouve au Notos est une cuisine moderne qui a su rester simple, une cuisine raffinée qui n’as aucunement besoin de fioritures ni d’artifices ( le tarama ici, par exemple, n’est pas rose mais plutôt d’un joli beige naturel ). C’est la cuisine de nos grands-meres ré-imaginée, frugale mais concluant.

L’art de Constantin, c’est d’arriver à mettre en avant un terroir quasi oublié de tous, grecs et non-grecs, sous l’effet des stéréotypes culinaires véhiculés. Ce terroir on le retrouve tout d’abord dans un mezze aux saveurs des quatre coins de la Grèce ; tarama, caviar d’aubergine fumée, tapenade de fèves ou aux amandes et anchois,..
Puis viendra une entrée à base de petites moules servies avec de la skordalia ( une puree d’ail ) aux noix et des betteraves. Bel effort de ma part pour le coup, moi qui ne mange pas de coquillages / mollusques, c’est passé tout seul. La preuve que parfois, il suffit juste d’une bonne preparation pour te faire aimer quelque chose que tu n’apprécies pas ou alors vraiment très très peu ( mais soyons honnête, je ne vais pas me mettre à en manger au futur ^^ ). On nous servira comme plat principal un supreme de volaille fermière en croûte de pistaches d’Egine ( ile se trouvant au sud-ouest d’Athene ), accompagné d’une sauce au miel et à l’orange. L’ensemble était peut-être un rien trop sucré, mais sinon c’était vraiment goutu. Mais le plat qui me restera en mémoire, ce fut les fleurs de Pontos ; de succulentes ravioles aux trois viandes pochées dans un bouillon de poule dont les saveurs me ramenaient d’agréables souvenirs de ma Grèce. Il me suffisait de fermer les yeux et j’avais l’impression de me balader sur le marché  du dimanche, aux odeurs alléchantes de nourriture et d’origan.

Ce petit detour vers la Grèce nous laissera un petit pincement au cœur, celui de ne plus y passer nos vacances une fois l’été venu. On remerciera Constantin de nous avoir fait voyager le temps d’un lunch et n’espérons qu’une seule chose ; pouvoir y retourner.. Que ce soit à table chez Constantin ou dans notre petit village côtier de notre Grèce natale.

Repost 2018 ;

Apres quelques mois, nous sommes retournés au Notos pour un petit atelier de cuisine autour de la pate fillo, cette pate qu’on utilise pour réaliser les feuilletés typiques grecs ( on les appelles ‘pittes’ et y a en a pour tout les goûts ; la tiropitta à la feta, la spanakopitta aux épinards, … ). On y est toujours aussi bien accueilli, chaleureusement comme en Grèce, et on adore pouvoir papoter et déguster autour d’un bon verre de vin. Apres notre petit atelier, on a pris le temps de déguster nos creations accompagnées d’olives et de ( vrai ! ) tarama. Sympa comme samedi midi^^ D’ailleurs, la salle à l’avant a été ré-aménagée pour des petites sessions apéro – philo, des petits moments de réflexions autour de la bouffe et de la vie. On adore que le restaurant se réinvente constamment en proposant des ateliers de cuisine, des pauses philosophiques ou encore des repas à ‘thème’.   


NotosRestaurant Grec 

154 rue du Livourne, 1000 Bruxelles
Site web –  Tel 02 513 29 59

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